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Brochure: Mieux vivre ensemble à l'école

 

Questionnaire en lien avec le climat d'école

 

 

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Ressources d'intérêt général

 

 

 

Vous trouverez dans le menu de droite diverses ressources d'intérêt général, classées dans les rubriques suivantes :

 

- outils (en ligne et à commander)

 

- textes en ligne

 

- sites internet

 

- références bibliographiques

 

 

 





 

 

 

“ L’école est un lieu d’une extrême richesse. Pour l’enseignant, pour les parents, pour l’enfant lui-même, elle est d’abord le lieu d’un savoir qui s’acquiert par le biais d’interactions … L’école est un lieu d’expérimentation de stratégies d’adaptation à d’autres enfants, à des adultes, à des locaux, à des modes de penser et d’agir plus ou moins différents de ceux de la famille … C’est un lieu de vie collective avec le plaisir de découvrir, d’apprendre, de partager, de faire ensemble ; un lieu qui présente aussi des contraintes, des frustrations, des conflits… L’école est une microsociété avec la richesse et la complexité de toute vie sociale. ”

Jacques Fortin (2001)

 

 

 

 

Mieux vivre ensemble à l’école :  Pour quoi ?

 

 

L'école est un espace privilégié pour apprendre et pour vivre ensemble. C’est un lieu qui permet de connaître, de rencontrer, de comprendre et de construire ensemble un savoir et un vécu partagés, grâce à la richesse et à la différence de chacun, jeune comme adulte.

 

Bien vivre ensemble peut être considéré aussi bien comme une fin en soi, que comme une condition pour apprendre. Instruction et éducation, qualité des apprentissages ainsi que qualité de vie et de relation vont de pair. Dans nos écoles, les finalités d'enseignement et d’éducation sont conjuguées, même si l’équilibre est parfois précaire et le temps à disposition souvent insuffisant pour atteindre tous les objectifs visés.

 

Sur un plan général, l'importance de mieux vivre ensemble à l'école se fonde, selon nous, sur quatre raisons majeures.

 

a) La mission éducative de l’école

 

Pour la Suisse romande et le Tessin, les finalités de l’école publique ont été fixées dans la déclaration du 30 janvier 2003 de la CIIP. Elles comprennent les apprentissages dans les domaines relationnel, social ou plus personnel.

 

b) Construction des apprentissages

 

Les apprentissages sont plus efficaces et les performances plus élevées dans un milieu scolaire où chacun, professionnel de l’école ou élève, se sent bien et en sécurité.

 

Un climat positif facilite et améliore les échanges. Or, le rôle des interactions dans la construction des savoirs est connu. Partager ses connaissances, être confronté à des opinions différentes, coopérer, etc. sont autant d'exemples de l'importance des autres dans sa propre formation et son propre développement.

 

A l’inverse, les actions pédagogiques visant à renforcer les apprentissages et à lutter contre l’échec scolaire contribuent également à améliorer le climat au sein de l’établissement et à prévenir la violence.

 

c) Promotion de la santé

 

La qualité de vie à l’école est par ailleurs un facteur essentiel de promotion de la santé (voir encadré). Cette approche vise le bien-être de chacun et cherche à agir sur ce qui permet d’être en bonne santé (tant au niveau politique, environnemental, communautaire, qu’individuel), sans se limiter uniquement à la diminution des risques.

La promotion de la santé à l’école vise à améliorer l’environnement physique et social, la qualité de vie, ainsi que le climat de communication au sein de l’établissement. Elle vise également à développer les capacités de chacun, adultes comme jeunes, à prendre soin de sa santé et à participer activement à la vie dans l’établissement.

La promotion de la santé donne ainsi un cadre global et cohérent dans lequel peuvent s’inscrire des actions de prévention ou des projets d'établissement diversifiés, tels que réaménagement des espaces et temps scolaires, développement des habiletés individuelles pour mieux communiquer, mais également attention portée aux relations inter-personnelles, aux modes d’enseignement et aux structures de gestion de la vie en commun.

 

d) Prévention des incivilités et de la violence

 

De nos jours, il est de plus en plus fait allusion à la nécessité de prévenir la violence. Différents programmes sont développés et plusieurs institutions y travaillent, soutenues par une volonté politique importante. L’école, au même titre que la famille, est investie d’une responsabilité à cet égard.

 

 

Mieux vivre ensemble à l’école : Que faire ?

 

De manière générale, la conjugaison de plusieurs activités à différents niveaux (individu, classe, établissement, etc.) mène à des effets plus concluants. Parallèlement, la réalisation de ces activités devient plus complexe et les difficultés potentielles s’accroissent.

Si l’on considère les pôles principaux de réflexion et d’action visant à mieux vivre ensemble dans les établissements scolaires, quatre axes, complémentaires et interdépendants peuvent être mis en évidence :

 

a)  Cadre de référence, valeurs et droits humains

 

Pour bien vivre ensemble à l’école, il est utile de mettre en place un cadre proposant des points de repère et garantissant à chacun le droit de vivre en sécurité: partage des valeurs communes par les différents acteurs, connaissance et respect des droits de chacun, conduite de la vie en commun par des normes ou des codes, définition claire des limites par des règles, enfin, en cas de transgression de ces règles, sanctions non excluantes connues et appliquées dans un esprit de justice, de cohérence et de clémence.

Redéfinir ou clarifier les valeurs que l’on partage dans un établissement permet d’inscrire son action et sa réflexion dans un cadre éthique auquel il est possible de se référer.

Un travail sur les droits et devoirs de chacun dans l’école donne un fondement solide à toute la régulation de la vie et des relations dans l’établissement et dans la société de manière plus générale. En tant qu’enfant, si j’ai le droit d’être respecté et entendu, ce droit me donne la responsabilité de respecter autrui et de lui reconnaître les mêmes droits.

 

b)  Espaces de participation

 

Contribuer activement à la vie d’un groupe permet d’y trouver sa place.

Pouvoir participer à la vie de l’école, aux activités qui s’y déroulent, au décor qui y est mis en place, permet de développer un sentiment d’appartenance à cette  école. Exprimer son opinion, et la confronter à celle d’autrui, donne ou redonne du sens à ce que l’on fait à l’école.

Des espaces de participation effective peuvent être institués, comme les conseils ou assemblées de classe. Ils peuvent également avoir lieu au sein de n’importe quel cours, de manière moins formelle.

Ouvrir la parole, c'est être prêt à l’entendre et à y répondre, être prêt à se questionner, à questionner la cohérence de ses actes, des institutions dans l’établissement. C’est également garantir la sécurité nécessaire pour que la parole puisse être prise par chacun.

 

c)  Compétences sociales

 

L’école est un lieu privilégié pour les relations humaines : des centaines d’individus, non choisis, tous différents les uns des autres, sont amenés à se rencontrer et à vivre en un même espace. Cela donne lieu à de multiples échanges, plus ou moins volontaires, faciles, amicaux, conflictuels voire violents.

Si l’on parle de compétences sociales, c’est que la qualité des relations humaines dépend en grande partie des capacités de chacun à entrer en communication, en particulier en cas de conflits et d’intérêts divergents.

Les activités développant les compétences sociales ont également un impact positif sur l’estime de soi. Celle-ci découle d’expériences antérieures positives. Elle peut se construire à tout moment, à partir de nouvelles expériences gratifiantes. Au cas où le souvenir des expériences passées se révèle être trop pénible, un climat sécurisant, où l'apprentissage peut se faire sans grande prise de risques, ouvre un champ d'expérimentation à de nouvelles relations.

 

d)  Climat scolaire

 

Le climat scolaire est une indication générale du ton et de l’ambiance qui règnent au sein de l’école. Il possède cinq facettes (voir encadré).

Le climat découle des axes décrits précédemment : du système d’encadrement et des valeurs partagées, de la qualité des relations interpersonnelles, de la place que l’institution accorde aux individus, et des pratiques éducatives (qualité de l’enseignement et temps que l'on y consacre, importance accordée aux apprentissages scolaires, aide aux enfants en difficulté, etc.).

Inversement, le climat a un effet sur le plaisir et la motivation à venir à l’école. Un bon climat crée une ambiance de travail agréable, facilite les apprentissages scolaires et sociaux et réduit les risques d’incivilités et de violence.

Une classe dans laquelle un esprit de solidarité et de coopération existe parmi les élèves peut faciliter les apprentissages de chacun. De même pour la qualité de la relation entre l'enseignant et ses élèves.

 

 

* * *

 

 

A cela devrait être ajouté l'ensemble des activités et réflexions pédagogiques produisant les apprentissages indispensables. A cet égard, relevons notamment les actions de l’école visant à mettre en place une pédagogie différenciée, à donner les moyens à ceux qui en ont peu d’accéder aux connaissances et à favoriser l’égalité des chances.

 

 

"L’Ecole publique assume des missions d’éducation et de transmission des valeurs sociales.

 

En particulier, elle assure la promotion :

a) du respect des règles de la vie en communauté ;

b) de la correction des inégalités de chance et de réussite ;

c)  de l’intégration dans la prise en compte des différences;

d) du développement de la personnalité équilibrée de l’élève, de sa créativité et de sons sens esthétique ;

e)  du développement du sens de la responsabilité à l’égard de soi-même, d’autrui et de l’environnement, de la solidarité, de la tolérance et de l’esprit de coopération ;

f)   du développement de la faculté de discernement et d’indépendance de jugement."

 

 

Extraits de la déclaration du 30 janvier 2003 de la Conférence Intercantonale de l’Instruction Publique (CIIP)

 

 

 

 

Mieux vivre ensemble à l’école : Comment s’y prendre ?

 

Quelle que soit la démarche que l’on se propose d’entreprendre, il est utile de considérer les éléments qui favorisent le succès. La manière de s’y prendre compte pour beaucoup.

 

Relevons à cet égard quatre aspects essentiels, qui valent pour toutes les activités et tous les projets. Il est d'autant plus souhaitable d’y prêter attention que les défis sont importants et le nombre de personnes concernées élevé.

 

a)  Savoir où l’on va : un processus qui fait sens

 

Avant toute chose, il importe d’être au clair quant aux buts. Qu’attend-on des différentes actions qui seront entreprises ? Un « diagnostic » ou état des lieux préalable à toute démarche doit permettre de déterminer les attentes, ainsi que les effets désirables ou non.

 

On peut à cet effet s’appuyer sur des outils tels qu’un questionnaire, ou, plus simplement, s'accorder quelques instants, d’abord entre adultes, puis entre élèves, pour identifier ce qui dans l’école satisfait les uns et les autres et ce qui semble devoir être amélioré (les manques, les besoins non satisfaits). La synthèse de ces éléments peut constituer un point de départ à partir duquel des souhaits, des buts et des priorités pourront être définis.

 

Identifier les buts visés peut demander du temps. Il paraît parfois plus facile de décider d’une action à mettre en œuvre, parce qu’elle nous séduit ou qu’elle a été expérimentée avec succès dans un collège voisin. Or, il est généralement préférable de prendre ce temps, pour permettre à chacun de trouver sa place et d’être au clair quant au sens commun d’une telle démarche. Il est d'autre part important de vérifier l’acceptation de ces buts au sein de l’établissement et leur adéquation avec, notamment, la vision des autorités scolaires.

 

La réflexion sur les choix d’actions et sur les moyens pourra ensuite se faire beaucoup plus aisément.

 

b)  Faire ensemble : participation et travail d’équipe

 

La mise en œuvre de ces activités ne peut se faire qu’à partir d’un collectif. La manière dont sont développés les projets gagne à être cohérente avec leur finalité : mieux vivre ensemble. En d’autres termes, il importe d’être attentif à la qualité des relations interpersonnelles, aux valeurs de référence ou aux règles que l’on institue dans le processus de construction de ces projets, pour ne donner que quelques exemples.

 

Il est très utile qu’un groupe porteur organise la démarche et permette à toute la collectivité scolaire de s'y joindre. L’apprentissage de la participation doit se faire dans un creuset où les adultes ont précédé les élèves sur le chemin de la coopération et du travail en équipe. Le soutien de la direction ou de la hiérarchie est nécessaire.

 

Les capacités collectives de réflexion, de communication, de collaboration et de créativité constituent des ressources très appréciables. Ces compétences sont plus facilement mobilisées dans un contexte où d’une part, les enseignants fonctionnent en équipe à partir d’un projet commun et, d’autre part, les élèves sont déjà intégrés dans une approche participative de la classe et de l’école.

 

c)  Construire sur mesure : une démarche projet

 

Chaque contexte est différent: la géographie, la grandeur du territoire, le nombre et le type de population, ainsi que l’histoire des personnes font de chaque école un lieu unique. Il est donc essentiel qu’elle développe un ou plusieurs projets sur mesure.

 

L'expérience dans la conduite de projets, la connaissance des facteurs de succès ainsi que la prise en compte des difficultés des diverses démarches, se révèlent être des atouts non négligeables, dans le cas où l'ensemble de l'établissement scolaire est impliqué.

 

Il peut être utile par ailleurs de bénéficier d’un accompagnement à certains moments clés tels que la définition des buts ou la mise en place du plan d’action.

 

d)  Se donner des moyens pour réussir et y trouver du plaisir

 

Il faut profiler un projet à la mesure des forces vives et des ressources disponibles. Il est préférable de se méfier des projets trop ambitieux, trop gourmands en temps et en ressources.

On choisira pour commencer une ou deux activités bien ciblées, qui permettent à tous les partenaires de s’engager plus aisément dans la démarche.

Rien ne vaut la satisfaction et le succès pour nourrir la mobilisation des énergies nécessaires. Les réalisations concrètes permettent de visualiser le chemin parcouru et les bénéfices des actions entreprises. 

 

Avant la concrétisation des actions, il vaut la peine d’apprécier les moyens à disposition, ainsi que les freins et obstacles susceptibles se présenter. Si le bilan apparaît peu favorable, on travaillera en premier lieu à trouver les ressources nécessaires et à lever les obstacles qui pourraient compromettre le succès.

 

 

 

 

 

 

 





 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Site créé

en mars 2005

par

Marc Thiébaud

avec

Michel Janosz